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La montagne par tous les temps, en toutes saisons, par tous les moyens

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3 jours de stage canoë sur la Durance

Nous arrivons la veille du début du stage à St Clément, pour nous installer au camping des Mille Vents, situé au bord de la Durance, en rive gauche. Camping sympa mais dominé à l'Est par une immense montagne, donc à l'ombre tout le matin. On ne voit même pas le soleil se lever et la température est plutôt frisquette : Véronique craignait que la tente soit surchauffée dès 7h. En réalité, pour promener la Truffe, vers 8h, je m'équipe comme pour un bivouac hivernal : doudoune et bonnet péruvien, un 20 juillet !! Nos voisins teutons, eux, se promènent en short et T-shirt !

Nous profitons de la promenade du soir d'Endy pour jeter un œil à cette fameuse Durance : notre moniteur Philippe a son local professionnel (où il stocke tout son matériel) à quelques pas du camping, au départ du stade d'eau vive. En voyant ce qui nous attend, une furieuse envie nous prend de nous débiner et de repartir illico à Salon de Provence, en prétextant une mauvaise grippe ! Le courant nous semble phénoménal, il y a de véritables marches à descendre (des seuils), de près d'un mètre de haut, des vagues ENORMES. Véronique est tétanisée, pour elle le refus d'obstacle est clair et net, si on doit descendre ça, elle n'ira pas, « et pi f'est tout », et au ton de sa voix, il est évident que ce n'est même pas négociable ! Moi-même je dois avouer que je suis impressionné et très hésitant : il est vrai que les vagues sont impressionnantes mais en même temps les passages sont évidents, « il suffit » de se tenir au milieu et ça doit passer. Mais comment diriger le canoë dans un tel courant ?? Je me dis qu'en fin de stage, si on fait de gros progrès, alors peut-être ?

 

Le lendemain matin, Philippe arrive avec son vieux camion comme en ont tous les loueurs de canoë. Très sympa, il nous prête une bouteille de gaz et un gros réchaud. Malheureusement, j'ai encore oublié les allumettes, et les 2 briquets de Philippe refusent de fonctionner. Heureusement, nos voisins sont bien équipés ! On pourra faire chauffer le café. Après quelques croissants, on file à la gare récupérer Aurélien, arrivé en train puis nous passons quelques heures sur un petit plan d'eau pour apprendre ou réviser les manœuvres de base et se familiariser avec les canoës de Philippe, beaucoup moins stables que nos bateaux gonflables (Aurélien a lui aussi un Gumotex, mais modèle Baraka), surtout les 2 petits canoës bleus, très maniables et joueurs, qui tournent tout seuls, mais qui exigent beaucoup d'attention et qui pardonnent peu les erreurs. Du coup, lorsque le vent a un peu forci, Véronique, qui était partie en solo sur un de ces canoës, a bien failli rester bloquée derrière la petite ile au milieu du lac. Elle a eu toutes les peines du monde à revenir face au vent.

Après le pique nique, nous enfilons casques et combinaisons néoprène et nous partons sur la Durance. Le courant est assez fort et régulier, ça nous change de nos petites rivières toutes plates. Véronique est crispée et je suis aussi un peu tendu. Endy le sent et ne tient pas en place. En plus, la place du milieu est occupée par des « airbags » dont le rôle est d'éviter que le bateau ne se remplisse entièrement d'eau en cas de dessalage (chavirement). Du coup, on a mis la Truffe devant. Elle refuse de se tenir assise et elle glisse beaucoup sur le fond lisse du canoë, elle non plus n'est pas très à l'aise et en plus elle me gène pour pagayer, ce qui fait que Véronique doit parfois assurer toute seule le maintien de la trajectoire. Les petites vagues secouent un peu l'embarcation. Même si nous réussissons la 1ère manœuvre, un arrêt dans un contre courant, nous sommes un peu malmenés tous les 3, et je passe une bonne partie de la descente à crier à Endy de s'asseoir !

Heureusement, la descente jusqu'au stade d'eau vive n'est pas longue et plutôt facile.

Nous nous arrêtons à l'entrée du stade, il est encore tôt. Philippe nous présente la suite de la journée : exercices sur le parcours de slalom. Véronique annonce qu'elle va garder la Truffe sur le bord, mais Philippe sait se montrer psychologue et très rassurant et il finit par la convaincre d'embarquer avec lui. Nous attachons la Truffe au bord de la rivière et Véronique démarre donc avec Philippe, dans le grand canoë vert, plutôt stable, Aurélien et moi les suivons de près dans le bateau bleu + court et + « rond ». Nous passons le 1er seuil. Véronique et Philippe s'arrêtent dans le contre à gauche, Aurélien et moi faisons un « demi-tour » plutôt qu'un véritable stop dans le contre à droite, où nous sommes tout de même on peu ballotés. Nous repartons donc aussitôt, doublant ainsi Véro et Philippe. Et dès la reprise de courant, le bateau prend beaucoup de gîte et nous prenons notre 1er bain. Aurélien parvient à « nager » jusqu'au bord, moi par contre, je descends la totalité du rapide, franchissant le 2nd seuil puis le train de vagues. J'ai la + grande difficulté à nager, le courant est vraiment violent et je me fais brasser jusqu'au bout. Je sors de cette lessiveuse totalement épuisé, hors d'haleine, comme si je venais de courir un 400 m en moins d'une minute ! Philippe et Véronique sont allés prêter main forte à Aurélien.

J'ai le moral dans les chaussettes et il faut encore toute la force tranquille de persuasion de Philippe, et aussi l'enthousiasme d'Aurélien qui n'abdique pas (il est vraiment là pour apprendre car il part ensuite en Norvège) pour me faire repartir. Cette fois, pour nous redonner confiance, Philippe nous donne des « air boats », petits bateaux gonflables impossibles à retourner. Inconvénient : on est assis au ras de l'eau et ça me plait moyennement, en plus ça se conduit à l'aide d'une pagaie double ! Et je n'aime pas ça du tout. Mais bon, une fois le rapide descendu, il faut bien reconnaître que c'est d'une simplicité enfantine. D'ailleurs on a vu passer toute une colonie de gamins sur ces bateaux, qui n'avaient sans doute jamais touché une pagaie de leur vie, et qui sont passés dans les vagues en rigolant comme des dingues ! Ensuite nous avons refait chacun un passage avec Philippe, en canoë, trop facile et très rassurant.

 

Le 2ème jour Pascal vient se joindre à nous. C'est un fort pagayeur qui a déjà participé au stage du printemps en Ardèche. Nous partons à l'Argentière – la Bessée, pour rallonger un peu la descente de la veille. Cette fois je fais équipe avec Philippe qui monte à l'avant du canoë avec Endy, Véronique part avec Aurélien et Pascal pagaie seul. Dès le départ Endy ressent le calme de Philippe et elle est beaucoup plus sage que la veille.

La descente est un vrai bonheur. Les quelques petits rapides qui en temps normal nous auraient effrayés nous paraissent presque ridicules en proportion des vagues gigantesques affrontées la veille sur le stade d'eau vive. Véronique rigole en permanence, sauf à un moment où Philippe et moi sommes restés un peu derrière eux et nous les avons laissés partir dans un des nombreux bras de la rivière, sans trop savoir ce qu'il y avait ensuite : le passage devenait de + en + étroit, le courant poussait de + en + fort et il a fallu négocier un virage à droite assez marqué, à pleine vitesse, entre deux arbustes : petit moment de stress pour Véro ! Mais heureusement Aurélien assurait un max et les 3 bateaux sont passés sans dommage.

Arrivés au stade d'eau vive, Philippe me dit qu'on ne s'arrête pas. J'aimerais déposer Endy sur le bord car en cas de chavirage, je ne suis pas sûr qu'elle réussirait à franchir les vagues sans boire la tasse, même avec son gilet de sauvetage. Mais avec Philippe on ne risque rien. Endy a donc elle aussi descendu le stade d'eau vive de St Clément, dont une partie (le 2ème seuil) en marche arrière (pour pouvoir garder un œil sur les 2 autres bateaux dans la 1ère vague). Malheureusement je n'ai aucune photo de ce passage !

Puis comme la veille, on travaille le positionnement et les trajectoires, les stops-contre et les reprises de courant, les bacs.

Jusqu'à présent, Véronique et moi avions toujours lu (ou on nous avait dit) que pour pouvoir diriger son bateau, il fallait toujours aller + vite que le courant. Donc, dans les rapides, nous pagayons comme des perdus. Mais dans les grosses vagues, passer vite et en force nous fait embarquer beaucoup d'eau par l'avant, et à la sortie du rapide il faut vider le bateau. Philippe est adepte du passage en douceur : l'important est de bien se positionner à l'entrée du rapide, de poser le bateau sur la bonne trajectoire en lui donnant un peu d'incidence à droite ou à gauche (alors que nous avions l'habitude de toujours nous présenter bien alignés dans l'axe du courant) et ensuite c'est un jeu d'enfant ! Le bateau enroule les vagues et on sort du rapide sans avoir reçu une goutte d'eau.

Le bac est une manœuvre qui consiste à traverser la rivière d'une rive à l'autre, en faisant face au courant, tout en donnant une légère incidence au bateau pour que le courant nous pousse tout doucement dans la direction souhaitée. Bien sûr le courant ne fait pas tout, il faut pagayer un peu aussi !

Cet après midi là, Véronique s'est littéralement éclatée, grâce à la maitrise technique de Philippe, impressionnant d'aisance, qui l'a rassurée, elle a pu franchir un vrai rapide de classe 3. Ce qu'elle n'aurait jamais osé faire avec moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, le 3ème et dernier jour, nous profitons des travaux d'entretien effectués sur le canal de la Durance pour aller descendre une partie de la rivière (en amont de Sisteron) qui n'est d'habitude pas vraiment navigable, avec un débit limité à seulement 4 ou 5 m3/seconde. En cette période, et jusqu'à fin octobre, EDF reverse dans le lit naturel de la Durance toute l'eau qui part d'habitude dans le canal, destinée à l'irrigation des champs et des vergers, c'est à dire environ 30 m3/sec. Ceci n'a lieu que tous les 30 ans environ, c'est donc une occasion à ne surtout pas manquer.

Les débits quotidiens sur la Durance pendant cette période de travaux sont consultables ici

Malheureusement c'est ce jour là qu'une nouvelle crise de sinusite terrasse Véronique. Elle nous servira donc de chauffeur, elle suivra notre descente et nous amènera la voiture à Sisteron, nous faisant gagner ainsi une navette d'une heure environ.

C'est une balade géniale, avec quelques petits rapides, des virages, 2 ou 3 vaguelettes, un paysage splendide. Théoriquement, Philippe a prévu d'y retourner fin août. J'espère bien que je pourrai prendre un ou deux jours de congé pour refaire cette descente avec Véronique.

 J'ai pris pleins de photos d'action grâce à la fonction rafale de mon nouvel appareil !

Et Véronique aussi puisqu'elle a récupéré mon vieux TZ3

 

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