Malheureusement, sur le moment, je n'ai pas réfléchi. J'étais déjà lourdement chargé, un peu entamé aussi par la remontée de cette satanée moraine, l'endroit me semblait un peu malsain, avec d'énormes rochers posés sur du sable et de la glace, je n'avais pas envie de m'attarder à cet endroit et j'étais déjà concentré sur l'escalade de ces foutues échelles: au moment où je l'ai aperçu, j'avais déjà escaladé les 1ers barreaux, j'étais peut-être même déjà passé sur la 2ème échelle, et je n'ai pas voulu redescendre.
Après réflexion, il est évident que j'aurais du redescendre et le cacher sous un rocher bien reconnaissable, où il m'aurait tranquillement attendu. J'y ai repensé toute la semaine au boulot, et le samedi suivant, je me suis levé à 6h, pour être à 7h au parking du Montenvers. Le 1er train ne partant qu'à 10h, je n'ai pas le choix si je veux faire l'aller-retour dans la journée, il faut que je monte à pied. J'encape la Mer de Glace au pas de charge puis le sentier des Egralets, après avoir planqué mes crampons sous un tas de cailloux, pour alléger un peu le sac. Je me prépare à porter un caillou qui va sûrement peser un bon poids !
Hélas, trois fois hélas, au pied des échelles, c'est la déception: mes cristaux se sont envolés !
Mais j'ai bien retenu la leçon: même en novembre, il y a du monde en haute montagne, et même si le ramassage des cristaux est soumis à un arrêté municipal, un caillou comme celui que j'ai vu ne reste pas longtemps au pied des échelles !
Sur le chemin du retour j'ai tout de même pris quelques photos, dont une assez particulière: j'ai observé une lumière très vive sur le sommet du Capucin du Requin. Renseignements pris auprès du PGHM, il s'agit d'une statue en inox de 2,40 m déposée là haut le 15 août 1988, par le Secours en Montagne.

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