Nous démarrons donc du Champel le samedi, aux alentours de 14h30, chargés comme des mulets. En effet, je prévois de planter la tente dans la combe des Juments, et je ne compte pas trop sur la source indiquée sur la carte IGN pour nous ravitailler en eau. Nous nous sommes donc chargés de 3,5 litres d'eau, pour pouvoir faire la soupe, le thé du soir et le thé du matin, et remplir la gamelle de la Truffe ! Heureusement, Véronique a oublié son livre et sa frontale !
Véronique se souvient que lorsqu'elle était allée aux Miages, en partant des Houches (il y a déjà quelques années, et aussi lorsqu'elle était petite, avec son père et son oncle), elle avait du franchir, au pied du col de Tricot, une terrible passerelle, sur un torrent énorme et très impressionnant. Aujourd'hui, nous sommes partis du Champel et nous sommes donc déjà sur la "bonne" rive et nous n'aurons pas à franchir le torrent de Bionnassay. Mais cela, Véronique n'en a absolument pas conscience ! Et comme elle n'a ni une mémoire des lieux ni un sens de l'orientation particulièrement aiguisés, je compte jouer sur le fait qu'elle se laisse toujours guider aveuglément, sans jamais mettre en doute tout ce que je peux lui raconter (quoi que, depuis un certain temps, elle commence à se méfier, parfois !) pour la promener un peu sur cette vilaine passerelle ! Mon plan aurait pu se dérouler sans accroc s'il n'y avait eu un énorme panneau, 20 mètres avant la passerelle, indiquant le chemin à suivre pour monter au col de Tricot. J'ai eu beau tenter de lui faire croire qu'un plaisantin avait fait pivoter les flèches, elle s'est montrée inflexible !!
Impossible de dérouter Véronique !
Impossible aussi de photographier Endy lorsqu'elle est détachée ! Elle est insaisissable ! Elle a impressionné plus d'un randonneur par ses bonds et sa vitesse, slalomant entre les arbres et les rochers, dévalant le chemin escarpé comme un boulet de canon, et chargée de son petit sac à dos rempli de croquettes !!
Nous avons planté la tente aux alentours de 1920 m, soit 200 m sous le col, derrière deux petits sapins, d'où nous avions une vue splendide sur l'aiguille et le dôme du Goûter, et sur le profil de la face Nord de Bionnassay.
Le lendemain matin, le ciel est gris, le vent souffle du Sud et n'annonce rien de bon. En effet, au col de Tricot, vers 9h30, nous sommes cueillis par une 1ère averse. Au "refuge" de Miage, impossible d'entrer pour une omelette ou un petit déjeuner, la salle est "réservée", comme au restaurant (et encore, même pas un restaurant sympa, car on pourrait à la rigueur nous trouver un coin de table mais la Truffe devrait rester dehors, ce qui est hors de question). Un des gérants a installé des parasols sur les tables de la terrasse, gorgées d'eau. Etait-ce à notre intention ? Je veux bien marcher sous la pluie, je suis équipé pour cela, mais pour manger, j'aime bien être au sec. Je pensais que vu la météo pluvieuse de ce matin, il n'y aurait pas foule aux chalets de Miage et que le gérant serait tout content de voir arriver 2 clients: Véronique était affamée, et personnellement je n'aurais pas craché sur une petite crêpe ou même une omelette matinale ! Et bien non, d'autres clients avaient réservé la salle entière, et Véronique a du manger son sandwich au fromage à l'extérieur, assise sur le rebord d'une fenêtre ! Je trouverais assez cocasse que les clients qui avaient réservé la salle se soient finalement décommandés, au vu de la météo pluvieuse. Car nous n'étions pas les seuls, alignés à l'extérieur, sur une bande de 50 centimètres abritée de la pluie, sous l'avant-toit, mais personne n'a rien consommé ! Curieuse mentalité savoyarde qui me surprendra toujours ! En tous cas, le terme de "refuge" appliqué à cet "hôtel-restaurant d'altitude" n'est rien d'autre qu'un attrape-nigauds, un piège à touristes qui a la chance d'être bien positionné sur le tracé du Tour du Mt Blanc.
Heureusement, le retour à Champel fut beaucoup plus rapide et bien moins laborieux et pénible que l'hiver dernier ! Et Véronique est carrément enthousiasmé par ses nouvelles semelles: elle n'a pas eu mal aux genoux, malgré presque 1000 m de D- !
J'ajoute une vidéo HISTORIQUE qui a été projetée au cinéma de Chamonix ces jours derniers, et commentée en direct par un des acteurs: Anselme Baud. Il s'agit du film de la 1ère descente en skis du Mt Blanc de Courmayeur par l'arête de Peuterey, réalisée le 31 mai 1977 par Patrick vallençant et Anselme Baud. Images et matériel d'époque !
Et puis, ça n'a rien à voir avec la montagne, mais j'ai peut-être déniché notre futur 2ème bateau: un kayak de randonnée, pour naviguer en eau calme: lcs, rivières de classe 1 et aussi et surtout en mer: dans les Callanques, en Corse bien sûr, mais aussi pourquoi pas, dans les îles Grecques et en Croatie. Il y a de la place pour mettre la Truffe et les bagages, et on peut même y adjoindre une petite voile pour faire les feignassous ! Il ne reste plus qu'un petit détail à règler: vérifier que Véronique n'est pas sujette au mal de mer !!